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Cruralgie : reconnaître la douleur devant la cuisse et agir à Oullins et Lyon 6

  • Photo du rédacteur: bricebourdon
    bricebourdon
  • 11 août
  • 15 min de lecture

Article rédigé par Brice Bourdon, Masseur-Kinésithérapeute D.E. et Ostéopathe D.O., posturologue clinicien, consultant en neurologie fonctionnelle et en réflexes archaïques. Cabinets à Oullins–Pierre-Bénite et Lyon 6 Brotteaux.


⏱️ Temps de lecture : environ 19 minutes

📅 Dernière mise à jour : juillet 2026

⭐ Plus de 230 avis Google

📍 Cabinets à Oullins–Pierre-Bénite et Lyon 6 Brotteaux.


Praticienne mobilisant la hanche et le genou d’une patiente allongée pendant une séance de thérapie manuelle.
Évaluation de la mobilité de la hanche et du membre inférieur lors d’une consultation pour une douleur antérieure de la cuisse.

La cruralgie est une douleur liée à l'irritation d'une racine nerveuse lombaire haute — L2, L3 ou L4 — qui participe au nerf fémoral. Elle se manifeste par une douleur à l'avant de la cuisse, pouvant atteindre le genou et le bord interne de la jambe, parfois accompagnée d'une faiblesse du quadriceps. Elle se distingue de la sciatique par son trajet, par le réflexe concerné et par le test de mise en tension utilisé.


🧭 Ce que vous allez comprendre


  • Pourquoi la douleur suit le devant de la cuisse et non l'arrière.

  • Pourquoi un test de Lasègue négatif n'élimine pas une atteinte nerveuse.

  • Quels signes imposent un avis médical avant toute technique manuelle.

  • Deux exercices concrets, avec leur dosage et leur règle d'arrêt.


L'essentiel en 30 secondes


  • La cruralgie provoque une douleur à l'avant de la cuisse, parfois jusqu'au genou et au bord interne de la jambe.

  • Elle concerne les racines lombaires hautes L2, L3 ou L4 et ne suit pas le trajet d'une sciatique.

  • Le test de Lasègue explore surtout les racines basses L5 et S1 : il est souvent négatif ici. C'est le test d'étirement du nerf fémoral qui met en tension les racines hautes.

  • Aucun test isolé ne fait le diagnostic : c'est la convergence entre trajet, force, sensibilité, réflexe rotulien et tests de tension qui compte.

  • Une faiblesse du quadriceps qui progresse, un genou qui se dérobe, une perte de poids inexpliquée ou un contexte diabétique imposent un avis médical.

  • Le travail manuel s'intègre à une stratégie active. Il ne « remet » pas un nerf en place et ne fait pas disparaître mécaniquement une hernie discale.


🚨 À vérifier avant de lire la suite


Si votre genou se dérobe brutalement, si vous ne pouvez plus tendre la jambe contre résistance, si vous constatez des troubles urinaires ou intestinaux nouveaux, ou une perte de sensibilité de la région du périnée, il ne s'agit plus d'une question de délai de rendez-vous : contactez sans attendre votre médecin ou le 15. Aucun exercice ni aucune technique manuelle ne remplace cette évaluation.


🦵 Qu'est-ce qu'une cruralgie ?


La cruralgie désigne une douleur liée à l'irritation d'une racine nerveuse lombaire participant au nerf fémoral, historiquement appelé nerf crural.


Ce nerf reçoit principalement des fibres issues de L2, L3 et L4. Ces racines contribuent à la sensibilité de la face antérieure de la cuisse et de la face interne de la jambe, et commandent des muscles essentiels à la marche, au premier rang desquels le quadriceps.


La douleur peut partir du bas du dos ou de l'aine, traverser l'avant de la cuisse, atteindre le genou et parfois descendre sur le bord interne de la jambe. Elle est souvent décrite comme une brûlure, une décharge électrique, un étau ou un élancement profond. Des fourmillements, une zone moins sensible ou une faiblesse peuvent s'y associer.


Le mot « cruralgie » décrit donc un trajet douloureux. Il ne suffit pas à identifier la structure responsable. Une hernie discale haute, une réduction de l'espace de sortie de la racine, des modifications dégénératives ou, plus rarement, une atteinte périphérique du nerf fémoral produisent des tableaux différents.


📊 Pourquoi la cruralgie est-elle plus rare que la sciatique ?


Pour une raison anatomique simple : les hernies discales lombaires ne se répartissent pas au hasard. Environ 95 % d'entre elles siègent aux niveaux L4-L5 ou L5-S1, c'est-à-dire précisément les étages qui donnent une sciatique. Les niveaux lombaires hauts représentent, selon les définitions retenues dans la littérature, de 1 à 10 % des hernies discales lombaires.

Un point mérite d'être connu, car il change la lecture clinique : cette répartition évolue avec l'âge. Dans les données reprises par les recommandations japonaises de pratique clinique sur la hernie discale lombaire, la quasi-totalité des hernies des sujets jeunes siège en L4-L5 ou L5-S1, alors qu'au-delà de 65 ans, plus de la moitié des hernies concernent des niveaux plus hauts. Une douleur antérieure de cuisse chez une personne de plus de 60 ans mérite donc une attention particulière — d'autant qu'à cet âge, d'autres causes entrent aussi en jeu.


🔍 Quels sont les symptômes caractéristiques ?


Les signes les plus fréquemment rapportés sont :

  • Une douleur antérieure de cuisse, de type brûlure, décharge ou élancement profond, souvent majorée par certaines positions.

  • Une douleur nocturne ou de repos, avec difficulté à trouver une position, parfois plus gênante que la douleur à l'effort.

  • Une faiblesse du quadriceps : difficulté à monter un escalier, à se relever d'une chaise basse, sensation que le genou « lâche ».

  • Une modification du réflexe rotulien, diminué ou aboli du côté atteint.

  • Des troubles sensitifs : fourmillements, zone cartonnée ou moins sensible sur une bande précise de la cuisse.

Ces éléments n'ont de valeur que comparés au côté opposé et confrontés entre eux. Un seul signe isolé ne conclut rien.


⚖️ Cruralgie ou sciatique : comment les différencier ?


Critère

Cruralgie

Sciatique

Racines souvent concernées

L2, L3 ou L4

L5 ou S1

Trajet dominant

Aine, avant de cuisse, genou, parfois face interne de jambe

Fesse, arrière ou côté de cuisse, mollet, pied

Faiblesse possible

Extension du genou, montée d'escalier, jambe qui « lâche »

Relevé du pied ou appui sur la pointe selon la racine

Réflexe pouvant changer

Réflexe rotulien

Réflexe achilléen surtout pour S1

Test de mise en tension

Étirement du nerf fémoral (Wassermann)

Lasègue (élévation jambe tendue)

Fréquence relative

Nettement moins fréquente

Très largement majoritaire

Ces trajets sont des repères, pas des cartes absolues : les territoires sensitifs se chevauchent et la perception varie d'une personne à l'autre. Si votre douleur descend plutôt derrière la cuisse, consultez l'article Sciatique ou lumbago : identifiez précisément votre mal de dos.


🧪 Le test d'étirement du nerf fémoral : ce qu'il dit, ce qu'il ne dit pas


C'est le point le plus souvent négligé. Le test de Lasègue, familier du grand public, met principalement en tension le système neural lombosacré bas et contribue surtout à l'examen des tableaux radiculaires L5–S1. Il est moins adapté à l'exploration des racines lombaires hautes et reste donc fréquemment négatif en cas de cruralgie. Conclure « ce n'est pas nerveux » sur un Lasègue négatif est une erreur de raisonnement.


Pour les racines L2 à L4, on utilise le test d'étirement du nerf fémoral, décrit par Wassermann en 1918. Le patient est installé sur le ventre ou en décubitus latéral ; l'examinateur associe une extension de hanche et une flexion de genou. Le test est considéré comme évocateur lorsqu'il reproduit la douleur habituelle du patient sur le devant de la cuisse — et non une simple tension du quadriceps, qui est un faux positif classique. Il existe une version croisée, réalisée du côté non douloureux, qui renforce l'hypothèse lorsqu'elle reproduit les symptômes du côté atteint.


Reste à être honnête sur sa valeur, car c'est là que beaucoup d'articles dérapent. La revue systématique de Tawa et coll. (2017) rapporte pour ce test une sensibilité de 1,00 avec un intervalle de confiance à 95 % allant de 0,40 à 1,00, et une spécificité de 0,83 (0,52–0,98). Des intervalles aussi larges signifient une chose : très peu d'études, donc une estimation imprécise. Dans une série chirurgicale de hernies discales des niveaux L1 à L3, le test de tension fémorale n'était d'ailleurs positif que chez 59,1 % des patients opérés.


🧠 Conclusion pratique : aucun test isolé ne fait le diagnostic.

C'est la cohérence de l'ensemble — trajet décrit, force du quadriceps, sensibilité, réflexe rotulien, tests de mise en tension, comportement de la douleur — qui construit une hypothèse solide.


❓ Toute douleur devant la cuisse est-elle une cruralgie ?


Non, et c'est précisément là que l'examen clinique devient déterminant. Une douleur antérieure de cuisse peut aussi évoquer :


  • une douleur provenant de l'articulation de la hanche, souvent majorée par certains mouvements ou par l'appui ;

  • une atteinte musculaire du psoas, du droit fémoral ou des adducteurs ;

  • une méralgie paresthésique, limitée à la face externe de la cuisse et sans faiblesse musculaire ;

  • une neuropathie fémorale périphérique, notamment après une chirurgie de hanche, une position prolongée en flexion ou une compression au pli de l'aine ;

  • une neuropathie diabétique proximale, détaillée juste après ;

  • une douleur projetée lombaire sans atteinte neurologique objectivable ;

  • plus rarement, une cause abdominale, vasculaire, infectieuse ou osseuse — dont l'hématome ou l'abcès du psoas, à évoquer sous anticoagulants, en contexte fébrile ou après un traumatisme.


Une stratégie sérieuse ne consiste donc pas à masser la zone douloureuse. Elle commence par la caractérisation du trajet, des facteurs aggravants, des déficits éventuels et de la réponse aux tests.


🩺 Le cas particulier de l'amyotrophie diabétique


C'est le piège classique de la douleur antérieure de cuisse après 50 ans, et il est rarement mentionné dans les articles grand public. La neuropathie radiculoplexique lombosacrée diabétique — aussi appelée amyotrophie diabétique ou syndrome de Bruns-Garland — associe une douleur d'installation aiguë ou subaiguë, unilatérale et asymétrique, à la cuisse, la hanche ou la fesse, suivie d'une faiblesse et d'une fonte musculaire proximales, fréquemment accompagnées d'une perte de poids.


Elle touche surtout des patients ayant un diabète de type 2, plus souvent des hommes, avec un âge médian de survenue au-delà de 65 ans, et concerne environ 1 % des personnes diabétiques. Elle survient parfois alors que le diabète vient tout juste d'être diagnostiqué. L'évolution s'étend sur plusieurs mois, parfois jusqu'à deux ans, avec une récupération le plus souvent progressive.


Le tableau ressemble à une cruralgie, mais il ne relève pas d'une prise en charge manuelle isolée : il justifie une évaluation médicale. Une faiblesse du quadriceps qui progresse chez une personne diabétique n'est jamais un motif d'attente.


🚨 Quels signes imposent une évaluation rapide ?


Une douleur irradiée ne doit pas être banalisée lorsqu'elle s'accompagne d'un déficit neurologique ou d'un contexte inhabituel. En cas de blocage brutal sans signe de gravité, les bons réflexes en phase aiguë sont détaillés dans un article dédié. Une évaluation médicale rapide est nécessaire notamment en cas de :


  • faiblesse nouvelle ou progressive du quadriceps, chute répétée, genou qui se dérobe ;

  • troubles urinaires ou intestinaux nouveaux, perte de sensibilité de la région du périnée ;

  • douleur bilatérale, perte importante de sensibilité ou aggravation neurologique rapide ;

  • fièvre, altération de l'état général, douleur nocturne inhabituelle, amaigrissement inexpliqué ;

  • diabète connu ou récemment découvert, avec douleur proximale et fonte musculaire ;

  • traitement anticoagulant, traumatisme important, antécédent de cancer, infection récente ou traitement immunosuppresseur.


En dehors de ces situations, une imagerie n'est pas systématique. La Haute Autorité de Santé recommande de raisonner d'abord à partir de l'examen clinique et des drapeaux rouges ; l'IRM ou le scanner deviennent pertinents lorsque leur résultat est susceptible de modifier la prise en charge. La revue internationale des recommandations sur la radiculalgie lombosacrée aboutit à la même conclusion : le recours systématique à l'imagerie n'est pas recommandé.


🧭 Comment se déroule le bilan dans mon cabinet Lyon 6 et Oullins.


Le bilan combine interrogatoire, examen neurologique fonctionnel et analyse du mouvement. Il s'intéresse à ce que vous ressentez, mais aussi à ce que votre système moteur parvient effectivement à produire.


  1. Cartographie précise de la douleur : point de départ, trajet, profondeur, type de sensation, position déclenchante, évolution dans la journée.

  2. Dépistage neurologique : force du quadriceps et des fléchisseurs de hanche, sensibilité, réflexe rotulien, comparaison droite-gauche systématique.

  3. Tests de mise en tension : test d'étirement du nerf fémoral et sa version croisée, comparés au test de Lasègue pour situer le niveau concerné.

  4. Tests mécaniques : rachis lombaire, bassin, hanche, paroi abdominale, psoas.

  5. Analyse fonctionnelle : marche, appui unipodal, montée de marche, contrôle du bassin, stratégie du tronc.

  6. Test/ReTest : un mouvement ou un signe reproductible est mesuré avant, puis après l'intervention, pour vérifier l'effet réel de la séance plutôt que de le supposer.


Cette méthode évite deux erreurs fréquentes : attribuer toute douleur à une « vertèbre déplacée », et multiplier les techniques sans savoir ce qui change.


Une douleur descend devant votre cuisse ?

Un bilan précis permet de distinguer cruralgie, douleur de hanche et atteinte musculaire, puis de définir une stratégie adaptée.


🤸 Deux exercices à faire chez vous pour commencer


Ces deux exercices s'adressent aux personnes dont le tableau a déjà été évalué et chez qui aucun signe d'alerte n'a été retrouvé. Ils ne remplacent pas un examen clinique et ne conviennent pas à toutes les situations.


Trois conditions avant de commencer


  1. Aucun des signes d'alerte listés plus haut n'est présent.

  2. Vous pouvez vous relever d'une chaise sans vous aider des mains, et votre genou ne se dérobe pas.

  3. Vous acceptez la règle d'arrêt : si un exercice fait descendre la douleur plus bas dans la jambe, ou l'augmente pendant plusieurs heures après la séance, on arrête et on réévalue. Une douleur qui remonte vers le dos et se concentre est en revanche un signe habituellement favorable.


🔄 Exercice 1 — Glissement du nerf fémoral, allongé sur le côté


Position de départ : allongé sur le côté non douloureux, jambe du dessous repliée.


Femme allongée sur le côté réalisant un exercice de mobilisation du nerf fémoral avec extension de la cuisse et flexion du genou vers l’arrière.
Mobilisation neurale du nerf fémoral : la cuisse recule légèrement pendant que le talon se rapproche de la fesse, puis le genou se tend lors du retour.

Objectif : mobiliser progressivement le système neural et évaluer sa tolérance au mouvement, sans rechercher un étirement intense. Le mouvement de la tête sert ici à alterner la charge mécanique le long du trajet nerveux : on met en tension d'un côté pendant qu'on relâche de l'autre.


Une méta-analyse de 2023 (20 essais, 877 participants) soutient l'intérêt de la mobilisation neurale sur la douleur et l'incapacité dans les radiculalgies lombaires, tout en soulignant une hétérogénéité importante entre les études.


Elle appuie cette catégorie de technique, sans valider un dosage précis : c'est un outil parmi d'autres, pas une recette universelle.


Position : allongé sur le côté non douloureux, tête sur un coussin, hanche et genou du dessous fléchis pour stabiliser le bassin. La jambe douloureuse est au-dessus.


Mouvement :

  1. Saisissez la cheville du dessus, ou passez une sangle autour, pour amener doucement le talon vers la fesse.

  2. Au même moment, reculez très légèrement la cuisse derrière l'axe du corps et regardez vers le plafond : la tête part en arrière.

  3. Revenez ensuite en tendant le genou et en rentrant le menton vers la poitrine.

Fin de course : le genou fléchit et la cuisse recule pendant que le regard part vers le haut.


📏 Dosage : 8 à 10 allers-retours lents, 2 à 3 fois par jour. Le mouvement doit rester dans une amplitude confortable : on cherche à mobiliser, pas à étirer. La coordination avec le mouvement de tête sert à répartir la charge mécanique le long du trajet nerveux plutôt qu'à la concentrer en un point.


Erreur la plus fréquente : tirer le talon fort vers la fesse en cherchant la sensation d'étirement du devant de la cuisse. Cela sollicite le quadriceps, pas le nerf, et augmente souvent les symptômes.


🪑 Exercice 2 — Réactivation du quadriceps : le passage assis-debout contrôlé


Départ : assis au bord d'une chaise stable, pieds à plat, largeur du bassin.


Femme réalisant les deux phases d’un exercice assis-debout, les pieds à plat et les genoux alignés avec les deuxièmes orteils, pour renforcer le quadriceps après une cruralgie.
Réactivation du quadriceps par un passage assis-debout contrôlé : trois secondes pour se lever, trois secondes pour se rasseoir, sans laisser les genoux partir vers l’intérieur.

Objectif : le quadriceps est le muscle le plus exposé dans une cruralgie. Il perd vite de la force et se réveille lentement. Cet exercice le sollicite dans un geste que vous répétez déjà des dizaines de fois par jour, ce qui le rend facile à maintenir dans le temps.


Position : assis au bord d'une chaise stable, sans accoudoirs, pieds à plat écartés de la largeur du bassin, bras croisés sur la poitrine. Si c'est trop difficile, posez les mains sur les cuisses plutôt que d'abandonner l'exercice.


Mouvement : levez-vous en comptant trois secondes, puis rasseyez-vous en comptant trois secondes, sans vous laisser tomber sur la chaise. Le genou doit rester aligné avec le deuxième orteil, sans partir vers l'intérieur. Mi-course : le contrôle de l'alignement genou-pied compte plus que la vitesse.


⏱️ Dosage : 2 séries de 5 à 10 répétitions, une à deux fois par jour, selon la tolérance. La descente compte autant que la montée.


📈 Votre repère objectif : chronométrez une fois par semaine le temps nécessaire pour vous lever et vous rasseoir cinq fois de suite. C'est un repère chiffré, reproductible, que vous comparez à vous-même d'une semaine sur l'autre. C'est exactement la logique du Test/ReTest utilisée au cabinet : on mesure plutôt que de supposer. Notez ce chiffre, il sera utile lors du bilan.


🚶 Faut-il rester au repos ? Marcher ? Comment dormir ?

Le repos complet prolongé est rarement une bonne stratégie. Il réduit la tolérance à l'effort et renforce l'appréhension du mouvement. Continuer exactement les gestes qui déclenchent une douleur intense n'est pas davantage souhaitable. La bonne dose se situe entre les deux : maintenir les activités tolérées, fractionner les positions prolongées, adapter temporairement les charges, réintroduire progressivement les mouvements sensibles.


La marche est en général une bonne option tant qu'elle ne majore pas nettement les symptômes et qu'ils reviennent à leur niveau habituel après la sortie. Mieux vaut plusieurs marches courtes qu'une longue sortie suivie d'une journée difficile.


Pour dormir, la plupart des personnes trouvent plus de confort sur le côté, un coussin entre les genoux, ou sur le dos avec un coussin sous les cuisses. Le décubitus ventral, qui accentue la lordose lombaire et l'extension de hanche, est souvent moins bien toléré. Il n'existe pas de position universelle : la bonne est celle qui vous permet de dormir.


🖐️ Que peut apporter l'ostéopathie ?


Lorsque le tableau est compatible avec une prise en charge conservatrice, l'ostéopathie vise les facteurs mécaniques associés : raideur lombaire ou thoracique, mobilité de hanche, tonus du psoas, contrôle lombo-pelvien, respiration, tolérance progressive du tissu neural au mouvement.


Selon le bilan, la séance peut associer des mobilisations lombaires, pelviennes et de hanche adaptées à l'irritabilité, un travail tissulaire sur les régions qui limitent le mouvement, des mobilisations neurales non agressives lorsqu'elles sont bien tolérées, un travail de contrôle moteur, et des conseils de reprise graduelle des activités qui comptent pour vous.


Les recommandations internationales placent les techniques manuelles dans une prise en charge multimodale, associée à l'éducation et à l'activité physique, qui sont, elles, systématiquement recommandées. La littérature spécialisée rappelle par ailleurs que la majorité des radiculalgies lombaires évoluent favorablement avec une prise en charge conservatrice associant antalgie simple, exercice et rééducation, la chirurgie restant réservée à des situations précises.


L'objectif n'est pas une correction passive définitive, mais de réduire l'irritabilité, restaurer des options de mouvement et vous rendre progressivement autonome. Aucune séance ne garantit un résultat : ce qui est vérifiable, c'est l'évolution de vos repères entre deux rendez-vous.


💬 FAQ sur la cruralgie


Quelle est la différence entre une cruralgie et une sciatique ?


La cruralgie touche l'avant de la cuisse et implique les racines L2 à L4, alors que la sciatique concerne l'arrière ou le côté du membre inférieur et implique L5 ou S1. Le réflexe étudié diffère, rotulien d'un côté, achilléen de l'autre, ainsi que le test de mise en tension utilisé. La cruralgie est nettement moins fréquente.


Pourquoi mon test de Lasègue est-il négatif alors que j'ai mal ?


Parce que le test de Lasègue contribue surtout à explorer les racines lombosacrées basses (L5, S1), celles de la sciatique. Une cruralgie concerne des racines plus hautes, moins bien mises en tension par cette manœuvre. Un Lasègue négatif n'exclut donc pas une atteinte radiculaire.


Une cruralgie peut-elle descendre sous le genou ?


Oui. Une atteinte impliquant L4 peut prolonger les symptômes vers la face interne de la jambe. Cette extension ne transforme pas la douleur en sciatique pour autant.


Le diabète peut-il provoquer une douleur devant la cuisse ?


Oui. L'amyotrophie diabétique associe une douleur proximale, une faiblesse et une fonte musculaire, souvent avec une perte de poids, principalement après 50 ans. Ce tableau relève d'un avis médical et non d'une prise en charge manuelle isolée.


La marche est-elle bonne en cas de cruralgie ?


En général oui, si elle ne majore pas nettement les symptômes et si ceux-ci reviennent à leur niveau habituel après la sortie. Plusieurs marches courtes sont souvent mieux tolérées qu'une longue sortie. Une douleur qui s'installe pour le reste de la journée indique que la dose était trop importante.


Comment dormir avec une cruralgie ?


La plupart des personnes trouvent plus de confort sur le côté avec un coussin entre les genoux, ou sur le dos avec un coussin sous les cuisses. Le sommeil sur le ventre est souvent moins bien toléré. Il n'existe pas de position idéale universelle.


Faut-il une IRM avant de consulter ?


Pas systématiquement. En l'absence de signe d'alerte, l'examen clinique précède généralement l'imagerie. Celle-ci devient utile si son résultat doit modifier la conduite à tenir, si un déficit évolue, ou si les symptômes persistent dans un contexte particulier.


L'ostéopathie peut-elle « débloquer » le nerf crural ?


Cette expression est trop simplificatrice. Un nerf n'est pas remis en place comme un câble. Le travail porte sur la mobilité, les contraintes mécaniques associées, la modulation de la douleur et la reprise graduelle du mouvement.


Combien de séances sont nécessaires ?


Il n'existe pas de nombre universel. L'évolution doit être objectivée dès le premier rendez-vous. L'absence d'amélioration, l'aggravation ou l'apparition d'un déficit modifient la stratégie plutôt que de justifier la répétition des séances.


Peut-on consulter un ostéopathe sans passer par le médecin ?


L'accès est direct, mais le premier rendez-vous comporte un dépistage des signes d'alerte. En présence d'un déficit moteur, d'un contexte fébrile, d'un traitement anticoagulant ou d'une aggravation neurologique, l'orientation médicale prime sur toute technique manuelle.


🎯 Conclusion


Une douleur qui descend devant la cuisse mérite mieux qu'une étiquette posée à la hâte. Le trajet oriente, mais ce sont la force du quadriceps, le réflexe rotulien, la sensibilité et les tests de mise en tension qui construisent l'hypothèse — et aucun d'eux, pris isolément, ne suffit. Écarter les situations qui relèvent d'un avis médical vient toujours en premier.


Ensuite seulement viennent le mouvement, la progressivité et des repères que vous pouvez mesurer vous-même.


Faisons le point sur votre douleur




👤 À propos de l'auteur


Brice Bourdon est Masseur-Kinésithérapeute D.E. et Ostéopathe D.O., posturologue clinicien, consultant en neurologie fonctionnelle et en réflexes archaïques. Son approche des douleurs irradiées associe examen neurologique fonctionnel, analyse du mouvement et stratégie Test/ReTest. Il consulte à Oullins–Pierre-Bénite, 2 boulevard du Général de Gaulle (69600), et à Lyon 6 Brotteaux, 19 rue Godefroy (69006).


📚 Sources scientifiques


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  7. Diaz LA, Gupta V. Diabetic Amyotrophy. StatPearls / NCBI Bookshelf.

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⚠️ Avertissement médical. Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas une consultation auprès d'un professionnel de santé. Elles ne constituent ni un diagnostic, ni une promesse de résultat. Les exercices proposés ne conviennent pas à toutes les situations. En cas de douleur persistante, de faiblesse musculaire, de fièvre ou de trouble neurologique, consultez votre médecin sans attendre.



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